Témoignage

Témoignage : Super L., maman de jumeaux grâce à la FIV DO après 4 ans de combat

Bonjour Super L. peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Lucie, j’ai 29 ans. Je suis en couple depuis presque 8 ans et pacsée depuis 3 ans avec mon amoureux d’enfance. On habite près de Clermont-Ferrand, on a acheté une maison en 2015, dans laquelle on a créé notre petit cocon. Ça a été une grande étape, on s’y est sentis bien directement et on a toujours envisagé de voir nos enfants grandir ici. Je suis comptable dans un centre de dialyse et maman de Lucas et Nolan depuis le 15 novembre. 

Peux-tu nous parler de ton parcours de PMA ?

J’ai découvert la PMA en 2015. A la naissance de mon neveu, on a découvert une anomalie génétique dans ma famille. Cette anomalie pouvait entraîner des cas d’insuffisance ovarienne chez les femmes. La généticienne qui m’a suivie m’a fait passer les bilans de fertilité puisque j’avais un projet bébé en cours depuis janvier 2015. En juillet j’ai eu les résultats et un rdv en urgence avec une gynéco de la PMA. Elle m’a annoncé que je devais passer directement par des FIV et que si ça ne fonctionnait pas, il me faudrait faire un dossier pour une FIV avec don d’ovocytes…

amour couple pma fiv familleNotre parcours a duré 3 ans. Et pendant ces 3 ans, on a eu des moments difficiles avec Chéri… J’ai pensé le quitter au début, pour qu’il ait un enfant, je ne voulais pas le priver de ce bonheur. Les essais ont mis notre couple à rude épreuve : la fatigue, les hormones, la sensation de ne pas se comprendre. Il a toujours été présent et heureusement parce que je n’aurais pas pu tenir sans lui mais il faut dire les choses, la PMA soit ça rapproche les couples soit ça les sépare… Et dans notre cas, on est très soudés.

Nos 2 FIV classiques ont été des échecs. Pour la 1ère, j’ai été jusqu’à la ponction mais nous n’avons pas eu d’ovocytes. Pour la 2ème, le protocole a été stoppé en plein traitement parce que je ne répondais pas à la stimulation. Celle-ci a été beaucoup plus dure à gérer, je me suis arrêtée une semaine pour me remettre et j’ai mis des mois a retrouver le moral…

triste echec deception pma fivEnsuite nous avons fait les démarches pour le don d’ovocytes, le rdv avec la psy, le biologiste… Ça a été dur à accepter pour moi, même si on savait qu’on devrait en passer par là. J’ai eu la chance d’avoir une collègue qui a fait un don d’ovocytes pour nous aider à avancer sur la liste d’attente. Parler avec elle m’a beaucoup aidé dans le processus d’acceptation. Aujourd’hui je suis en accord avec ma démarche et j’en parle sans aucun problème.

Il nous a fallu attendre un an pour commencer la FIV DO. Ça paraît long mais en fait on est très « chanceux » sur le délai dans notre centre. Cette année d’attente a été plus que bénéfique, on a fait des travaux, on est partis en voyage, on a changé tous les meubles bref on a vécu pour nous sans la PMA… En janvier 2018 on a su qu’on avait une donneuse et en avril j’ai commencé le protocole. J’ai préféré m’arrêter pour la FIV DO, penser à moi, à nous et mettre toutes les chances de notre côté. Au final presque 4 ans après nous sommes parents de jumeaux.

pma fiv jumeaux

Comment as-u vécu ta grossesse après ce parcours difficile ? Et ton accouchement prématuré ?

grossesse jumeaux pma fivLe 14 mai 2018, ma prise de sang s’est révélée positive. Et là a commencé une nouvelle aventure… J’ai eu du mal à réaliser que j’étais bel et bien enceinte, j’ai mis du temps à être « sereine ». Je n’avais jamais vécu de transfert. J’ai fait le choix de m’arrêter dès le début du traitement de FIV et heureusement parce que provamès m’a beaucoup fatiguée. Mon médecin traitant a été géniale et m’a mise en arrêt tout le long de ma grossesse, pour elle, FIV et grossesse gémellaire, ça voulait dire 0 risque à prendre !

J’ai eu beaucoup de nausées jusqu’à la fin du 1er trimestre, ça me rassurait même si c’était dur par moments. J’attendais l’échographie de T1 pour profiter de ma grossesse et me dire que tout allait bien et en fait j’ai eu un mois « tranquille » puisque les contractions ont commencé vers la fin du 4ème mois. J’ai dû rester alitée très tôt, me reposer et j’ai eu peur à partir de la 20ème semaine de la prématurité. Je prenais peu de poids, les loulous appuyaient déjà sur mon col, bref pas les bonnes conditions quand on attend des jumeaux…

hospitalisation pma fiv grossesse gemellaireA 27 semaines de grossesse, j’ai été hospitalisée 10 jours pour menace d’accouchement prématuré, col très court. Ça a été dur, j’ai réagi et me suis rendue compte que je ne profitais de rien de cette grossesse tellement j’avais de contractions… J’ai senti des coups que je n’avais jamais ressenti avant parce que mon ventre était ultra tendu.

Je suis ensuite rentrée chez moi, je suis restée allongée quelques jours et le lendemain de ma T3, j’ai perdu les eaux sur la poche de Nolan à 30sa+2. J’ai compris qu’on ne pourrait plus rien faire. Et ça a été le pire scénario pour nous… Mon accouchement a duré plus de 24h, je suis entrée aux urgences le 14 novembre à 9h30 et j’ai accouché le lendemain à 16h par césarienne.

Ce n’est pas un merveilleux souvenir, j’ai eu peur, très mal… Je culpabilise encore de ne pas avoir su les protéger plus longtemps dans mon ventre. Mon chéri est encore très présent. Je travaille avec ma réflexologue pour penser différemment et voir la césarienne comme la naissance de mes enfants et non comme un instant douloureux et effrayant. Aujourd’hui Nolan et Lucas grandissent en neonat à l’hôpital et c’est dur de vivre ça. On se dit qu’après le combat qu’on a mené pour les avoir, nous devons encore nous battre avec eux pour les faire rentrer le plus en forme possible à la maison.

jumeaux bebe fiv pmaJe suis heureuse d’être maman, mes fils sont beaux comme tout, ils avancent à grands pas, je suis fière de voir la force qu’ils ont pour mener ce combat pour se développer dans leur couveuse. Les bébés ont des ressources insoupçonnées et je ne peux pas baisser les bras quand je les vois faire. Je les allaite, je tire mon lait 6 fois par jour et je pense à eux à chaque fois, je me dis que c’est un petit geste qui leur permettra d’avoir une arme en plus. J’ai hâte que l’on soit enfin tous les 4 à la maison, de pouvoir vivre enfin comme tout le monde !

 

Quels conseils voudrais-tu donner aux Pmettes qui te lisent ?

Mon combat pour avoir des enfants est fini, mais je me sens toujours une Pmette. Si je dois donner un conseil c’est parler, à une amie, à votre amoureux, ou une copinaute. J’ai été beaucoup en contact avec une Pmette devenue une copine, elle a eu son petit loup en juin. Elle a été un très grand soutien dans des moments difficiles. La communauté des Pmettes est géniale, on se comprend, on vit la même chose…

Ne vous isolez pas, continuez à vivre vos passions, vos envies, même si c’est dur… Laissez-vous aussi du temps pour aller mal. Ma psy m’a toujours dit qu’il fallait accepter d’être triste 1 jour ou 1 semaine pour rebondir après. Alors si un matin vous avez juste envie de rester sous la couette à regarder Netflix et à manger des carambars bah faites-le. Personnellement, j’ai replongé dans les livres, Harry Potter et les séries, j’ai pris du temps pour lire, j’ai créé un coin bibliothèque dans une des chambres vides de la maison, j’ai essayé de me sentir bien dans un endroit pour avoir un refuge à moi…

Sachez dire stop. Parfois les injections, les échographies c’est fatigant et bien arrêtez-vous… Il faut aussi savoir prendre soin de nous et quand notre médecin nous le permet il faut savoir s’arrêter. Personnellement j’ai été beaucoup aidée par une réflexologue, mon ostéopathe et mon médecin traitant. Pour la FIV DO elles ont été mon socle médical, j’ai pu parler avec elles 3, bénéficier de leurs soins et j’étais sereine grâce à elles. N’hésitez pas à vous tourner vers des médecines alternatives, l’acupuncture, la réflexologie…

espoir amour rêve pma fivEt surtout, n’oubliez pas que vous êtes un couple, une équipe. Vous êtes 2 dans ce parcours, même si effectivement on ne vit pas les choses de la même manière, il faut communiquer, se dire les choses, ne pas oublier de se faire plaisir ensemble, de continuer à vivre (voyage, achat, projet…). Sans mon homme je n’aurais pas survécu à tout ça, et je lui répète souvent. Gardez espoir, la roue tourne, le bonheur arrivera. Je vous le souhaite à toutes.

 

Merci Super L. pour ce magnifique témoignage rempli de sincérité, d’émotion ! Je suis admirative de ton parcours et tellement heureuse pour toi et ta nouvelle famille. Je vous souhaite énormément de bonheur ❤

N’hésitez pas à parler du don d’ovocytes et du don de spermatozoïdes autour de vous. Ces dons peuvent aider des couples qui vivent un parcours très long et difficile à fonder leur famille. Quoi de plus beau que ce cadeau ? Aider à donner la vie ! Découvrez ou redécouvrez le témoignage de Julia, 24 ans, donneuse d’ovocytes.

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