Témoignage

Témoignage de couple : la rude épreuve de la PMA avec diagnostic OATS extrême

Super M. et son chéri Super A. sont en couple depuis 2009 et mariés depuis août 2016. Ils sont en essai bébé 1 depuis 2015. Super A. est OATS extrême et leur FIV 1 a été un échec. Un premier échec très difficile à accepter pour eux. Ils attendent actuellement le TEC 1, ils ont 4 embryons congelés.

Bonjour Super M. et Super A. , comment vous sentiez-vous quand vous avez décidé de fonder votre famille ?

adoption enfant pma grossesse coupleSuper M. : J’étais très angoissée à l’idée d’être maman (ma maman a failli mourir en donnant la vie à ma sœur). J’ai toujours entendu dire qu’une grossesse c’est un pied dans la tombe… Malgré tout, je ne me voyais pas sans enfant. Avant les essais, j’aurais préféré adopter plutôt que de mourir lors de mon accouchement…Je me disais qu’il y avait assez d’enfants qui avaient besoin d’une famille dans le monde, que nous étions déjà trop nombreux sur terre (on est pas mal écolos) et qu’on n’avait pas forcément besoin d’avoir des enfants biologiques. Super A. était lui aussi pour l’adoption.
Mais on a quand même voulu essayer d’en avoir un à nous. J’ai donc, avec beaucoup d’appréhension, arrêté ma pilule. Mes cycles étaient réguliers, je sentais mon ovulation et j’oscillais entre espoir et peur au moment de mes règles. 
Super A. : Avant les essais je voulais au moins 5 filles (lol). Je rêvais d’une famille nombreuse avec Super M. ! Pourtant, avant même d’essayer, je doutais de ma fertilité (pressentiment?). Quand elle a décidé d’arrêter sa contraception j’étais super heureux mais elle angoissait tellement que je culpabilisais un peu… Et puis, les mois sont passés et bébé n’arrivait pas… Ses règles revenaient inlassablement…

Comment avez-vous vécu le diagnostic « PMA » ?

Super M. : Au bout d’un an ma généraliste m’a envoyé vers une gynécologue spécialisée dans l’infertilité. J’y suis allée seule la première fois, je suis tombée sur une gynéco très froide et égocentrique. Elle m’a fait une écho, n’a rien vu de particulier. Je suis sortie avec des examens à faire : prise de sang, hystérosalpingographie, prélèvement vaginal. Tous les résultats étaient normaux(j’étais effrayée pour l’hystéro mais ça s’est très bien déroulé, sans douleur).
Super A. : Moi j’avais un spermogramme. Ça ne m’a pas posé de problème, il fallait qu’on sache. Nous avons 2 couples d’amis très proches qui étaient en PMA, on connaissait leur parcours, on les soutenait. Ça nous semblait juste être notre tour… Lors des résultats le monde s’est écroulé :le spermogramme était mauvais mais on ne savait pas encore à quel point… Nous sommes retournés voir la gynéco, persuadés qu’il y avait un traitement pour moi et que j’allais me faire engueuler parce que j’étais en surpoids, que je fumais beaucoup. Je m’attendais à devoir changer de mode de vie pour régler ça.
coeur brise pma couple fivSuper M. : Dans la salle d’attente j’étais confiante. Mon homme avait un mauvais spermogramme car il fumait trop et avait une mauvaise hygiène de vie, c’était de sa faute si je ne tombais pas enceinte, il allait devoir prendre ses responsabilités… Moi, je n’avais pas de problème… Mais ça a été la chute… La gynéco a dit « Il n’y a rien à faire, vous avez un très mauvais spermogramme et vous n’aurez jamais d’enfant sans la science. Il vous faut une FIV ICSI.Madame c’est vous qui allez tout subir : les injections, le passage au bloc pour la ponction, c’est injuste mais c’est comme ça… ». Je n’entendais plus rien… On est sortis comme des zombies de la pièce.
Super A. : On ne s’est même pas parlé, on est remontés dans la voiture et on a roulé. On voulait partir le plus vite possible de cet endroit. Puis, on a fini par se dire que la gynéco était nulle, qu’on était tombés sur une extrémiste pro-FIV. Qu’on allait se laisser du temps, qu’on était jeunes et qu’on irait voir un autre médecin. 
Super M. : J’étais décomposée, mais je refusais catégoriquement cette FIV. C’était inconcevable… Il avait un problème ok mais il ne faisait aucun effort. Hors de question que je m’inflige ça. Abîmer mon corps pour rattraper son hygiène de vie pourrie…

Comment avez-vous finalement accepté le recours à la PMA ?

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Super A. : On a laissé passer un an, on s’est mariés, on est partis en voyage de noce… On a repris nos vies. En mai 2018 Super M. m’annonce qu’elle a pris un rdv avec un autre gynéco, recommandé par nos amis. J’étais surpris mais heureux. J’espérais un autre diagnostic et un nouveau spermogramme peut être différent.

Super M. : Un an… C’est le temps qu’il m’a fallu pour accepter de ré-entendre parler PMA. Je me sentais prête. Début mai, nous sommes allés au rdv ensemble. Notre gynéco a été formidable et ça nous a remotivés. Très à l’écoute, très gentil, beaucoup d’explications… On a refait des examens. Le spermogramme était pire que le premier. Il restait un écho-doppler des testicules à faire. C’était le dernier examen qui pouvait nous apporter des réponses, il fallait le faire rapidement…
Super A. : J’ai galéré pour l’écho-doppler, le centre le plus proche avait 6 mois d’attente. Du coup, je suis allé à Paris (à 200 km de chez nous). Les résultats sont tombés tout de suite : atrophie testiculaire, varicocèles bilatérales avec un kyste. Le médecin me dit tout de suite: « Mais ça s’opère ça Monsieur » et là l’espoir renaît. On est fous de joie. Une opération et on pourra peut être faire un bébé couette ou alors juste une insémination… 
Super M. : J’étais tellement heureuse, on avait la réponse ! J’en voulais quand même aux gynéco PMA de ne pas chercher à « soigner Super A. » et de vouloir faire la FIV tout de suite. J’ai appelé mon gynéco (en vacances pour 3 semaines…) A son retour il nous rappelle et nous dit « Ces résultats ne changent rien, il faut faire la FIV quand même. Prenez un rdv chez l’urologue au cas où… Mais ce n’est pas opérable. » Le monde s’écroule à nouveau. Et on commence à suspecter le gynéco de vouloir lui aussi faire de la FIV à tout prix, on se disait que ça devait être plus intéressant financièrement que d’opérer Super A…. On était en colère. 
tristesse homme deprime echec honteSuper A. : L’urologue a dit qu’il n’y avait rien à faire, que ce n’était pas opérable… Que nous devions faire la FIV vite tant que nous étions jeunes et que le spermogramme risquait de s’aggraver… En plus il ne fallait pas perdre de temps… L’horreur. 

Comment avez-vous vécu la FIV 1 ?

Super M. : C’est là que j’ai créé mon compte Instagram pour avoir du soutien. Je n’en avais pas parlé à ma famille ni à nos proches. On leur a juste dit qu’on avait un problème pour avoir des enfants c’est tout… Ça a mis fin aux réflexions lors des repas de famille. 
Super A. : On voulait vivre ça que tous les deux. On avait presque honte… Depuis on leur en parle, mais pas à tous, on choisit bien à qui et souvent après coup, on ne veut pas qu’ils souffrent d’espoir ou de stress comme nous…
Super M. : On s’est beaucoup isolés de nos amis, enfin, surtout moi… Je ne voulais voir conflit dispute pma couplepersonne. Chaque annonce de grossesse était un supplice. On s’est beaucoup disputés. Super A. ne faisait pas d’effort… Je n’avais plus peur, je ne voulais plus adopter, je voulais un enfant à nous ! Ça devenait une obsession. J’ai même envisagé de le quitter…
Super A. : Ça a été très difficile… J’ai ouvert les yeux et ai fait les efforts pour au moins essayer d’optimiser la FIV, et surtout par amour.  
Super M. : Il s’est vraiment donné du mal et j’ai trouvé la force de commencer le protocole FIV mi-août 2018. La stimulation s’est très bien passée, j’avais un super moral et j’encaissais bien les effets secondaires. Je me sentais forte. 
Super A. : J’étais tellement fier d’elle… Je la voyais se piquer et je culpabilisais. Je me disais que je n’aurais pas été capable de le faire. Je la trouvais si forte! A chaque rdv les médecins étaient ravis, elle répondait bien au traitement, tout était top. On s’est enflammés, on s’est mis à y croire…
hope espoir pma croireSuper M. : La ponction a eu lieu le 6 septembre. J’ai eu un réveil très compliqué et j’ai passé 2 jours affreux (mon cœur s’emballait) mais pas de douleur. Un transfert d’un J5 le 11/09 et 4 embryons congelés. On était heureux. Le transfert a été un moment magique où nous avons vu une étoile apparaître sur l’écran… Comme je n’avais apparemment pas de problème, on y croyait beaucoup. Tout fonctionnait… 
Super A. : Le 21/09 la prise de sang était négative… On s’est écroulés. Tous le mois d’octobre au fond du lit à pleurer… Super M. était au plus bas… Elle a mis du temps à reprendre sa vie d’avant. Elle a continué de travailler malgré tout. Mais c’était un zombie… Le gynéco nous a imposé 2 cycles de repos, une éternité pour nous.

Comment voyez-vous la suite du parcours ?

Super M. : Nous sommes actuellement en protocole TEC… Tout se présente bien, à priori, mais nous voulons nous protéger. Je fais beaucoup de sport et sature mon emploi du temps pour moins y penser… On y va presque à contre-cœur…
Super A. : On ne veut pas retourner au fond du trou dans lequel on était en octobre. On reparle même d’adoption… On essaye de se préparer à vivre sans enfant… Je ne me sens pas capable d’infliger à Super M. un nouveau protocole (une FIV 2), je voudrais qu’on arrête après les TEC. Ça joue trop sur son moral, je la vois espérer et sombrer à chaque fois, c’est trop dur. Et toutes ces hormones… Quelles seront les conséquences sur sa santé à long terme ? J’ai peur pour elle. 
Super M. : J’étais d’accord pour vivre ça, je voulais qu’on ait tout essayé pour être parents, qu’on n’ait aucun regret…

Quels conseils donneriez-vous à un couple qui débute le parcours de PMA ?

Super M. : C’est dur de donner des conseils. Chacun doit trouver au fond de lui les réponses à ses questions. Il n’y a qu’en vivant les choses qu’on peut comprendre. Chaque parcours est différent… Peut-être de bien choisir les personnes ressources de l’entourage…
Super A. : Il y a des membres très proches de notre famille à qui l’on ne dit rien car c’est trop dur pour eux ou alors ils ont des propos qui nous blessent… J’ai une tante qui est proche de nous et qui nous aide énormément par son écoute et sa présence. Il faut être soudés dans le couple et se parler au maximum… 
amour love coeur coupleSuper M. : Ce qui m’aide c’est mon boulot (infirmière en psy), prendre soin des autres est un merveilleux exutoire. Nos nombreux animaux. Le sport avec eux (vélo, traineau, course à pied, rando). Les travaux dans la maison (que nous faisons ensemble). J’écris aussi un journal intime (ça fera un souvenir ou l’occasion d’écrire un livre plus tard). Yoga et relaxation pour gérer le stress. Et surtout, j’essaie de me dire qu’un enfant n’est pas la condition sine qua none à notre bonheur. Nous sommes heureux sans cet enfant, nous n’avons pas BESOIN de lui pour être heureux. Et c’est parce que nous sommes heureux que nous voulons accueillir un enfant, pas l’inverse.
Super A. : Ce qui m’aide : les travaux, le rugby, les soirées entre potes, les amis, la famille, nos animaux… Mais je garde beaucoup ce que je ressens pour moi… C’est très difficile pour moi de parler de ce que je ressens. 

Merci Super M. et Super A. de nous livrer vos sentiments et votre parcours, c’est très touchant.

Il ne faut pas oublier que la PMA est une épreuve très difficile pour le couple et qu’il faut être soudés pour traverser cette tempête.

Je vous souhaite vite une heureuse nouvelle ❤

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